Regarder les villes c’est comme regarder un point fixe et tenter d’apercevoir en même temps les points les plus éloigner de ce point. C’est toute l’histoire du centre et de la périphérie. Le centre, cela se voit, quand on tente de le regarder fixement. La périphérie, c’est un peu plus complexe, car plus vous vous éloignez d’un point fixe en élargissant votre champ de vision plus ce dernier aura quelques difficultés à conserver une vision globale de l’ensemble.
Et oui ! Le mot et lâché, il s’agit bien d’une vision globale d’un même ensemble.
Les villes sont bien le centre d’une multitude de vision globale d’un ensemble. Les banlieues constituent de facto les périphéries de n’importe quel centre-ville.
Par définition un centre, cela se voit, on n’y vient jamais par hasard parce que l’on y passe pour aller ailleurs. Le centre constitue un point de jonction un lieu de passage, il fait le lien, il donne du liant entre tout ce qui l’entoure.
Depuis de nombreuses années, pour des raisons diverses et variées, l’on a délaissé les centres-villes pour les périphéries de plus en plus éloignées du centre. Sans trop se préoccuper de veiller à maintenir les centres comme point de convergences de toutes ces périphéries, en termes d’axes routiers ou de transports.
Dans ces périphéries, on y a logé de plus en plus de monde. Le terme loger employé ici est un euphémisme. Peu importe, comment et sous quelles conditions. L’urgence était le maître mot.
Il sera toujours temps de voir après quand le moment sera venu.
Le moment venu, l’on a surtout passé beaucoup de temps à colmater les brèches qu’à réellement éradiquer les causes. L’on nous dit aujourd’hui que l’on y a englouti des millions et des millions d’€uros ; mais encore. L’on nous annonce qu’il va falloir y consacrer des millions et des millions d’€uros, ce message s’adresse essentiellement à ceux qui vivent dans les centres-villes et les beaux quartiers, afin qu’ils admettent le coût exorbitant à venir.
Il va de soi qu’aucune violence, quelle qu’en soient les raisons ou les prétextes, ne saurait être légitimée et l’Etat de droit doit prévaloir sur le moindre territoire de non droit. Il y va de la liberté que comporte toute république.
S’évertuer à mettre en ces lieux, loin de tout centre urbain, sans les commodités qui vont avec ; des hommes et des femmes à qui l’on ne reconnaît aucun droit. À mettre en ces lieux des hommes et des femmes à qui pour tout avenir l’on n’hésite pas à rappeler d’où ils viennent, comme autant de barrières et d’impossibilités à accéder à autre chose, c’est assassin et une prise de risque maximal.
N’ayant pas les mêmes soucis, ni les mêmes droits que ceux qui n’habitent pas en lieux qui servent de bans, convaincu qu’en appliquant une politique dont le seul but est de « gommer » les effets plutôt que les causes.
L’on condamne des millions de femmes et d’hommes à ne pas se reconnaître dans l’image que l’on veut bien leur renvoyer, à se considérer comme des citoyens de seconde zone, à ne pas avoir d’avenir par absence de raisons d’espérer et de symboles.
Ne nous étonnons pas que de mal entendu en mal entendu, nous soyons parvenus à un mal durable à entendre ce qu’ils ont à nous dire. Des choses simples et évidentes, qu’ils sont d abord et avant tout comme nous, qu’ils nous ressemblent, qu’ils vivent d’espoir et tournés vers l’avenir, qu’ils aspirent aux mêmes destinées que nous, surtout et avant toute chose ; ce qu’ils ne supportent pas c’est qu’ils aient été pris pour autre chose que ce qu’ils sont. Des êtres profondément humains. Nos semblables tout simplement.
Arrêtons de les stigmatiser et d’en faire des proies faciles pour tous les extrémismes, qu’ils soient politiques ou religieux.
Gus « le guetteur »
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