Comment avons-nous pu croire qu’il ne passerait pas à l’acte ?
Pourquoi nous sommes-nous laissé berner ?
Je me pose la question, je nous pose la question.
La manière dont nos dirigeants se sont pris dans ce qui est aujourd’hui une invasion (le seigneur du Kremlin dit d’elle qu’il s’agit d’une opération spéciale) de la république d’Ukraine par son voisin Russe est profondément déconcertante.
Ils n’ont pas voulu croire ou ont-ils tout simplement pensé qu’il ne pourrait pas se réitérer en Europe une nouvelle guerre après les deux premières qui marqua profondément des générations entières.
Ces deux dernières avaient été atroces et monstrueuses, qu’il ne serait pas envisageable qu’une troisième puisse s’installer aux portes de l’Europe.
Mais une question me taraude, comment un personnage de l’apanage de l’homme fort du Kremlin peut-il prendre le risque d’amasser tout le long de la frontière commune avec l’Ukraine, comment peut-il durant de longues semaines positionner des hommes, du matériel dernier cri, muni des technologies les plus sophistiquées ; pour leur dire un beau matin, après avoir fait monter la pression et mobiliser tous les grands de ce monde démocratique, aller les gars c’est bien joli tout ça mis on plie les Gaules et l’on rentre bien sagement à la maison. Un petit tour et puis s’en va !
Avec quelles paires de jumelles avons-nous regardé tout cela ?
Malgré les moyens diplomatiques déployés et fait déplacer la focale journalistique vers sa personne et son pays, celui qui se présente comme le grand maître de l’histoire de la grande Russie éternelle, en a décidé autrement à la stupéfaction des plus aguerris.
Un beau matin, le 24 février exactement, il décide de réécrire l’histoire fort de sa propre vision de ce que doit être la grande République Soviétique, démantelée en partie après la chute du mur de Berlin en 1989.
Ce qui est d’autant plus hallucinant, c’est qu’un seul homme, comme tout seul au monde, décide un beau jour de prendre un crayon et de redessiner les frontières existantes et acquises depuis le démantèlement de l’ex union des républiques soviétiques. Et comble de l’histoire, personne ne l’arrête ou tente de le faire.
On n’y croit pas au début, on tergiverse, on pense que l’on peut encore négocier et qu’il va se rendre à la raison. Peine et temps perdus. Convaincu qu’il est dans son bon droit, qu’il est à la tête de la seconde armée du monde, il est sourd au moindre appel et continue son opération spéciale (remarquons au passage qu’il ne se contente pas de tirer sur des cibles militaires, il arrose tout ce qu’il peut, immeubles, théâtre, centres commerciaux, tous bâtiments ; même quand il est marqué en grand sur le devant qu’il y a des enfants à l’intérieur).
Ce peuple ukrainien qui ne demande qu’à vivre paisiblement et en toute quiétude, se retrouve subitement sous un déluge de bombes et autres engins de mort, condamné à fuir ou se réfugier dans les sous-sols.
Ne payent-ils pas le prix de notre absence de devoir de vigilance après le précédent de l’annexion de la Crimée en 2014, additionné par une grande naïveté de n’avoir pas vu le mal s’immiscer à nos portes.
Il est fort à regretter que nous en payions le prix fort.
Gus, Le Guetteur.
Le 4 mars 2022.
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