La nature reprendra ses droits

Quoique l’on fasse, quoique l’on dise dame nature ne nous fera aucun cadeau et au final parviendra à gagner sur les agressions que l’homme lui fait subir.

Qu’on se le dise et n’hésitons pas à le faire savoir, car il n’en est plus que temps.

Ce qui est profondément navrant c’est que lorsque nous observons l’être humain que nous sommes et qui prend connaissance de cette chronique, nous ne pouvons que regretter que visiblement nous ne tirons pas enseignement de nos connaissances et des catastrophes que nous traversons.

Sans vouloir réécrire l’histoire, je pense qu’au regard des connaissances accumulées en ce début de XXIe siècle, nous pouvons raisonnablement dire qu’à l’époque de la première révolution industrielle, à la fin du XVIIIe siècle, avec l’essor de l’extraction du charbon et de l’exploitation de la machine à vapeur, nous pouvions dire que nous ne savions pas. De même au moment de la seconde révolution industrielle, qui marque la découverte du pétrole et le développement du moteur à explosion, nous pouvions dire aussi une nous ne savions pas.

Nous ne savions pas, ou nous avions peu de connaissance sur les conséquences de ce nous créions, inventons et découvrions de notre mère Nature (écosystème, biodiversité, respect de l’équilibre faune et flore).

Faisons un grand saut en arrière et positionnons-nous à la fin de la Seconde Guerre mondiale, aux sorties de la guerre en 1946, il fallait tout reconstruire et parvenir à nourrir le plus grand nombre de personnes. L’époque était à la reconstruction et les connaissances scientifiques étaient à l’œuvre pour venir en aide et développer la production de masse. Agriculture, industrie, commerce et j’en passe.

Là aussi nous pouvions dire que nous ne savions pas. Et puis la science et les progrès technologiques étaient censés venir apporter un mieux-être et du bien-être aux nombreux humains sur cette bonne, trop bonne peut-être, terre.

Mais que ne savions-nous pas, soi-disant, à cette époque ?

Que ce recours, effréné à la production de masse ainsi qu’à la consommation et l’accumulation de biens et de richesse joueraient à long terme contre nos camps. Contre nous-même, au risque de contribuer sciemment à notre propre disparition.

Parce que si nous pouvons supposer qu’à ces époques-là nous ne savions pas et ignorions tout (encore que j’en doute, ceux qui ont mis sur le marché des produits phytosanitaires pour accroître les productions agricoles, ignoraient-ils vraiment tous des effets néfastes sur l’homme ?)

Donc, admettons que nous ne savions pas et que nous ignorions tout à l’époque.

Aujourd’hui, l’accumulation de connaissances mises à disposition du plus grand nombre sur les divers supports de la toile et ailleurs, l’observation des conséquences de la déforestation, d’une agriculture intensive qui est au bord de l’agonie, le modèle ayant démontré ses failles et ses limites. La recherche d’une consommation toujours plus exponentielle, l’accumulation de plus en plus de biens, bien souvent inutiles et dont la durée de vie programmée les rend rapidement obsolètes.

De tout cela nous le savons tous aujourd’hui, nul besoin de sortir d’une grande école ou d’avoir fait de très grandes études, il suffit de vouloir savoir pour acquérir de la connaissance sur le sujet. D’être attentif à tous les lanceurs d’alerte sur les conséquences de nos actes sur le réchauffement climatique ou l’accroissement de nos impacts sur les territoires de la faune qui nous fait croiser et côtoyer des espèces qui ne demandaient rien de plus que demeurer dans leurs écosystèmes.

Pour illustration, le pétrole qui permet entre autres la fabrication du plastique sous toutes ses formes, ce dernier ne cesse d’envahir notre chère mer nature, notre bien commun à tous, et devient ainsi le 7e continent tellement il occupe une place de plus en plus préoccupante.

Aujourd’hui nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas. Que nous nous devons de préserver et prévenir la dégradation de notre chère terre nourricière. Nous savons que les modèles de développement qui ont été dominants ont tous atteint leurs limites et sont voués inexorablement à notre leur propre échec pour ainsi dire à notre propre disparition.

Nous savons ; notre orgueil devant au passage en prendre un sérieux coup, nous savons que nous ne sommes pas au-dessus des autres de la création (la faune et la flore) mais bien un élément de notre planète à côté, avec et parmi les autres. Que nous devons vivre en totale harmonie en respectant l’ensemble des écosystèmes et la biodiversité. Nous savons qu’il ne sert à rien d’aller coloniser des planètes de notre galaxie si nous ne pouvons garantir à chaque humain sur notre planète où qu’il soit, où qu’il vive une souveraineté et une autonomie alimentaire, première marche vers une consommation raisonnée et l’emploi de biens et de services d’utilité sociale durable.

Et oui, nous savons tout cela, maintenant ; et nous savons surtout les conséquences si nous ne changeons pas et ne faisons rien pour éviter la chronique de la disparition de toutes traces d’humain annoncée.

Qu’observons-nous aujourd’hui :

– Énormément d’initiatives locales sur de nombreux territoires partout et sur tous les continents. Initiatives relayées par la presse ou les réseaux sociaux. Elles sont de plus en plus nombreuses, portées pas des citoyens qui ont pris conscience et sont convaincus qu’il est urgent d’agir.

– Le nombre considérable de nos dirigeants politiques qui disent qu’il faut faire quelque chose, ils sont parfaitement informés et conscients, mais malheureusement ne mettent pas les moyens et ne se donnent pas les coudées franches pour être à la hauteur des enjeux et appuyer fort sur le frein, pour stopper cette destruction inexorable en amplifiant les nombreuses initiatives locales.

Si nous ne nous donnons pas les moyens d’agir ici et maintenant, avec des moyens à hauteur de l’enjeu ; soyons convaincus d’une chose, c’est que n’ayant pas pensé avec toute notre intelligence et nos connaissances à préserver l’équilibre entre dame nature et la juste place qui nous revient, cette dernière reprendra ses droits et nous fera disparaître sans le moindre état d’âme.

Une chose est sûre, c’est nous avec elle ; ou elle sans nous !

« Gus le Guetteur »

11 mai 2021