Tant qu’il y aura des femmes !

Permettez-moi de vous le déclamer haut et fort « notre monde est à l’envers, mais le bon sens féminin nous laisse espérer qu’il pourra un jour se remettre à l’endroit ». Ne perdons pas espoir mais le chemin est encore long.

Oui je vous le dis la logique des femmes est à l’endroit, c’est notre monde qui est à l’envers.

J’en veux pour preuve la méfiance, au-delà de toutes les affirmations péremptoires sur l’égalité homme femme, dans laquelle notre monde dominé par les mâles maintient la gent féminine.

Je me suis longtemps demandé si les hommes se souvenaient de temps à autre qu’ils avaient été conçus par une femme. Regardons tout simplement le statut de la femme en Afghanistan sous le règne des talibans et cette obligation de porter cette atrocité que l’on nomme la « burka ».

Mais est-ce nécessaire d’aller si loin.

Tout dernièrement c’est la fantastique performance des handballeuses françaises au dernier championnat d’Europe, qui me fit penser au titre de cette chronique. Elles avaient su, contre toute attente, déjouer les pièges, faire preuve adversité, de solidarité et surtout, l’une d’entre elles n’avait pas craqué au moment décisif du penalty libérateur. Elle venait de réaliser un exploit d’autant plus que l’on ne les y attendait pas en si bonne posture.

Seules ; elles y avaient cru. Bien souvent c’est au titre de performances inattendues ou hors du commun que nous nous mettons à rendre hommage aux femmes. C’est bien dommage.

Pour être accepté dans le cercle vertueux des hommes à responsabilité, une femme doit prouver qu’elle a des compétences hors normes, voire supérieures au commun des hommes.

À vouloir ressembler aux hommes, la copie du modèle ne rend pas hommage à ce dernier ni à la noblesse des femmes. « Notre monde est à l’envers, la noblesse des femmes nous aidera à le remettre à l’endroit ».

S’il est louable qu’il y ait une journée de la femme chaque année au mois de mars, c’est un moment d’arrêt sur image pour faire le point sur les décalages qui demeurent entre tout ce que l’on prétend et ce qui réellement existe ; et là encore les arrêts sur image montrent l’immense et insensé décalage entre les deux sexes.

Qu’est-ce qui explique cela ? Rien, mille fois rien. Le poète ne dit-il pas que « la femme est l’avenir de l’homme » ; et « le poète a toujours raison » n’en déplaise à tous ceux qui pensent à tort le contraire.

Pourquoi exiger d’une femme qu’elle ressemble à l’homme, et pas le contraire. Je n’ai, quant à moi, encore jamais entendu d’expression ou de volonté exprimée en ce sens.

Semblables, égaux et complémentaires. Pas identiques et confondables. C’est l’équation à aucune inconnue.

Redonnons sa place à la femme dans notre monde, je veux dire la première, celle que nous n’aurions jamais due lui demandé de quitter pour aller se perdre dans notre espace d’homme.

Toutes les femmes, toutes les mères du monde mettent au monde des enfants intelligents. Parmi eux il y a des hommes qui oublient un peu vite de le demeurer. Alors ils bâtissent des théories de bas étage pour légitimer tels ou tels agissements à l’attention de la gent féminine. C’est tout faire pour faire compliqué, là où l’on peut faire plus simple.

Alors n’oublions pas « tant qu’il y aura des femmes… » ; la suite vous la connaissez.

Je vous salue bien et vive les femmes et les hommes !

Gus « le guetteur ».

12 décembre 2003