Pour en finir avec les féminicides en France et ailleurs
Depuis l’origine de notre humanité, bien avant l’ère avant Jésus-Christ, dans la littérature qu’elle soit ancienne ou plus récente dans la presse écrite ou audiovisuelle, nous lisons ou entendons que des hommes ont mis fin, souvent de manière violente à la vie de femmes, leurs épouses, leurs sœurs ou leurs compagnes.
Certains hommes l’ont même érigé en droit sous le vocable de crime dit d’honneur, pour la simple raison que leur sœur fréquente un homme que la famille ne juge soit pas digne ou pas fréquentable.
Historiquement, dans les jugements des tribunaux, il a souvent été fait mention de crime d’honneur pour expliquer (justifier ?) le crime commis par un homme sur son épouse. De nombreuses raisons peuvent ou sont bien souvent avancées pour terminer de qualifier cette ignominie. Ce dernier (l’homme) ne pouvant se résoudre à l’idée que la femme, soi-disant qu’il aimait, puisse envisager de le quitter, d’avoir une autre vie et se donner l’occasion d’envisager une autre possible.
Comment cela est-il pensable voire imaginable ? Comment tenter d’en donner la moindre explication ? Peut-il y avoir une seule raison pour justifier la mort d’un être humain ?
Les femmes du monde ne sont-elles pas des êtres humains comme les hommes.
Les femmes, les mères ne sont-elles pas celles qui portent en leur sein durant neuf mois ce qui va advenir comme petit être humain porteur d’espoirs et d’avenir.
Tous ceux qui sous des prétextes fallacieux et abjects portent la main pour mettre fin à la vie de femmes, ont-ils une seule seconde que derrière cette femme qu’ils assassinent, c’est leur mère. S’ils ont le moindre respect pour leur mère qui est femme, pourquoi n’en ont-ils pas pour celles qui partagent leur vie et portées peut-être leurs enfants.
Ne nous y trompons pas, ces mises à mort sont souvent précédées d’actes de violence, souvent répétés et plus ou moins importants. Ils jalonnent la vie du couple, pas toujours bien identifiés par les proches ; familles, collègues de travail, voisinage voire les forces de l’ordre (police ou gendarmerie)
Il est heureux de constater que cet état de fait est de moins en moins admis et supporté par la communauté humaine. En parallèle ou dans la droite ligne du mouvement #meToo, de nombreux mouvements féministes ont décidé de ne plus passer sous silence ces crimes odieux, cette violence injustifiée faite aux femmes. Ces violences, ces crimes auxquelles elles aboutissent ne sont plus et ne peuvent plus relever de la sphère privée. Il est de la responsabilité de nos États et gouvernement de protéger et de prendre soin de tout être humain et de ces femmes en particulier.
Il nous faut regarder les chiffres, c’est hallucinant le nombre de femmes tuées chaque jour, chaque mois et par année dans le monde. On s’en émeut mais est-ce seulement suffisant ?
Le temps n’est-il pas venu d’avoir une action radicale à l’attention de toutes les futures femmes victimes de ce que l’on nomme un féminicide. Une manière de dire et de faire que « plus jamais ça » devient réalité.
Dans le prolongement de tous ces mouvements et toutes ces mobilisations pour ce droit à toutes les femmes sur cette terre de vivre et de décider de sa vie comme elle l’entend, il est plus que temps d’agir concrètement et d’envoyer un signal fort à tous ces hommes qui seraient tentés de passer à l’acte par violence sur une femme ou par crime.
Bien sûr les textes de lois peuvent y contribuer, exiger la réalité concrète d’une totale égalité entre les femmes et les hommes dans tous les espaces publics, professionnels et familiaux est un passage nécessaire mais à mon sens pas suffisant.
Inverser durablement la tendance passe par l’éducation, la culture et la déconstruction de toute idée reçue ne reposant sur aucun fondement porteur de sens.
Les femmes, toute femme, méritent le respect qu’elles sont en droit d’attendre et d’exiger de leurs semblables. Parce qu’elles sont d’abord et avant tout humain, profondément humain ; elles peuvent être mère, donnant naissance à tout homme qui vient au monde.
Rien que pour ce fait, cette formidable et unique capacité d’enfanter, fonction éminemment noble de l’origine de notre monde, chaque homme sur notre terre se devrait d’abord et avant tout d’en prendre le plus grand soin, s’assurer qu’elle va bien et que le chemin qu’elle se construit est bien conforme à ces vœux et souhaits.
Alors nous en aurons fini durablement en exigeant le respect pour chaque fille, chaque femme et chaque mère que nous avons la chance et le bonheur d’avoir à nos côtés ; nous les hommes.
Gus « le Guetteur »
16 Septembre 2020
(*) L’enquête de la délégation aux victimes, rendue publique samedi 17 août 2019, fait état de 146 femmes tuées par leur compagnon ou ex-conjoint en un an
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