Oserons-nous ! Aurons-nous le courage !

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai aimé les jeux olympiques de Paris 2 024 mais j’ai adoré les jeux paralympiques qui se sont déroulés ces douze derniers jours.

Quel enthousiasme, quelle joie et liasse populaire.

Les organisateurs et les différents responsables qui nous ont concocté ses jeux peuvent en être fiers et je leur tire une fière chandelle. Bravo à eux.

Mais j’ai une admiration particulière pour ces femmes et ces hommes handicapés qui m’ont profondément ému jusqu’aux larmes.

Quelles prouesses, quel dépassement de soi ; elles et eux m’ont littéralement bluffé par les performances réalisées. Des performances que moi considéré comme soi-disant valide je ne serai réalisé.

Ces femmes et ces hommes nous ont enthousiasmés, et le public ne s’y est pas trompé, il a été là, soutenant, se prenant au jeu, encourageant et vibrant aux résultats et performances obtenus.

Toutes et tous méritent notre plus grand respect. Chapeau à eux.

Elles et eux ne veulent surtout pas paraître pour des superhéros, ils sont tout simplement des femmes et des hommes qui pratiquent un sport de haut niveau qui comme tout autre sportif de haut niveau, demande beaucoup de sacrifices, d’abnégation, de privation et des heures et des heures d’entraînement. C’est ce qui les rend d’abord et avant tout humain. Tout simplement humain.

Quelle que soit la discipline, nous les avons encouragés, soutenus et acclamés et applaudis à tout va. C’était amplement mérité.

Nous avons été nombreux, sur les lieux du déroulement des épreuves, devant nos écrans et merci à la télévision publique pour les milliers d’heures de diffusion qui nous ont permis d’être proches d’eux, d’en découvrir les nombreux arcanes et d’en apprécier d’autant plus les performances.

Mais une question demeure néanmoins, une fois la, parenthèse enchantée refermée, ces femmes et ces hommes à leur état d’avant ces jeux paralympiques. Allons-nous les oublier en les renvoyant à leur difficulté d’accès aux transports, aux établissements publics ; aux déplacements sur la voie publique, à l’accès aux spectacles, aux musées ; à tout ce que ceux dits valides accèdent sans se poser la moindre question, parce qu’apparemment « normal ».

Car pour moi, le handicap ce n’est pas eux, mais notre société qui dans « ce commun vouloir de vivre ensemble » crée le handicap et refusant ou ne se donnant pas les moyens de rendre ce vivre ensemble accessible à toutes et tous comme quelque chose de ce qu’il y ait de plus normal.

Oserons-nous, aurons-nous le courage de ne pas refermer le couvercle et de prendre à bras-le-corps l’ensemble de ces situations pour que ce que ces jeux paralympiques nous ont montré et démontré serve enfin à quelque chose et pour longtemps.

Ce n’est pas un défi ni une gageure mais un enjeu majeur de nos sociétés.

Car n’oublions pas « qu’une société quelle qu’elle soit, s’honore par l’attention et la place qu’elle accorde aux plus fragiles d’entre les siens ».

Les derniers jeux olympiques ont montré que l’humanité était capable de « s’opposer sans se massacrer » et que la France pouvait avoir un rôle dans un monde solidaire et convivial si elle choisit l’hymne à l’amour et Édith Piaf plutôt que de remâcher la nostalgie napoléonienne ou coloniale. La France peut être anticipatrice de l’exigence écologique, de la justice sociale de la démocratie continue et ouverte.

Gus Le Guetteur

Septembre 2024