Pourquoi et pour quelles raisons, es-tu passé à l’acte ; jeune homme ?

J’ignore qui tu es au-delà de ce que la presse en a dit. Il n’en demeure pas moins qu’au-delà de l’acte odieux et inadmissible que tu as posé, je voudrais comprendre.

À première vue tu n’es pas le mauvais bougre, le caïd de la place, celui qui défie toutes les autorités et tient à imposer sa loi.

Tu serais même le référent anti harcèlement de ta classe, donc une sorte de juge de paix.

Alors que s’est-il passé dans ta tête pour que tu passes à l’acte et comète l’irréparable.

Comment en es-tu arrivé là, à en vouloir à ce qui représente l’autorité ; si je comprends bien, ce n’est pas à la surveillante en question, que tu en voulais, mais aux surveillants, quel qu’il soit.

Que venait faire ce couteau dans ton cartable ?

C’est un accessoire courant dans la panoplie d’un élève ?

Étais-tu bien conscient de la conséquence de ton geste, t’es-tu mis une seconde à la place de la personne à qui tu as donné ce coup mortel. À ton âge peut-on savoir et réaliser ce qu’est la mort ?

Depuis que notre humanité existe, il est un fait que ceux qui vivent encore sur cette planète n’ont toujours pas compris, c’est que la violence n’a jamais rien résolu et apporté la réponse adéquate. Si tel était le cas, cela se saurait !

Personnellement, je ne le crois pas et je demeure convaincu que les raisons profondes de ton geste sont ailleurs.

Toujours selon les informations qui ont été communiquées autour de cette affaire, ta famille, tes parents seraient plutôt du type aidant, attentif en tout cas pas indifférent à toi ni maltraitant.

Alors comment en es-tu arrivé à l’innommable, à l’irréparable. Je m’interroge, à savoir si tout était au mieux dans ta tête ? Nous savons tous que l’adolescence est une période de grands remue-méninges, que beaucoup de questions existentielles se posent sans forcément en obtenir les réponses.

Étais-tu en grande souffrance, sans personne auprès de laquelle déposer ta souffrance et t’écouter. Probablement.

L’année 2025 à beau, avoir été déclaré année de « grande cause nationale santé mentale »

Nous devons nous rendre à l’évidence qu’une chose est de déclarer, une autre est d’agir en se donnant les moyens.

Mais le constat est violent, la santé mentale au travers de la psychiatrie adulte comme enfant est le parent pauvre d’un système hospitalier qui à bout de souffle.

Depuis la crise du Covid, nous savons tous et les publications sont nombreuses et fournis, autant que sur le plan de la presse écrite que télévisuelle, nous savons que notre jeunesse souffre et qu’elle va mal.

Nous le savons, mais que faisons-nous ? Cette jeunesse qui souffre et qui est mal dans sa peau, elle souffre en silence de son mal-être et nous nous en apercevons au cours des rares occasions où elle passe à l’acte. Les actes posés nous scandalisent, certes ; mais que n’avons-nous pas fait pour empêcher l’impensable ? Je nous pose la question.

Aurons-nous le courage de nous pencher sur ce mal qui ronge notre jeunesse et la vide de l’intérieur ?

Quand prendrons nous conscience que notre société, notre monde est violent. Où que nous soyons, d’où nous regardons, nous ne pouvons, à notre corps défendant, qu’être tristement spectateur de la violence de notre époque.

C’est de à quoi notre jeunesse et confronté, ce que nous lui donnons à voir. C’est peu porteur d’espoir pour ne pas dire démoralisant, de ce fait on peut comprendre, , sans avoir une Bac + 5, qu’une partie de notre jeunesse n’aille pas bien du tout.

Nous pouvons chercher et trouver les soi-disant boucs émissaires, versus les réseaux sociaux, les jeux vidéo ou certaines chaînes de télévision.

Tous ces supports, ne sont-ils pas les reflets de notre société ?

Arrêtons de faire les faux scandalisés ou les outragés lorsque des mineurs posent des actes violents et atroces, ils ne nous renvoient que ce que nous leur mettons sous les yeux.

Faisons acte de soin, prenons soin de notre jeunesse en adoptant un autre modèle de société, une autre façon de faire entre nous société, en changeant notre manière de penser et concevoir d’être et d’habiter ensemble.

Nous ne pouvons et nous ne devons accepter que notre jeunesse aille au plus mal, soyons attentifs de tous les instants, écoutons-la et réalisons avec elle (notre jeunesse) un autre possible.

Nous sommes avertis, et souvenons-nous « qu’une jeunesse qui va mal, une jeunesse qui  désespère est un terreau facile et disponible pour tous les extrêmes ».

Gus Le Guetteur

13 juin 2025