On a eu chaud !

C’est une expression que nous utilisons tous. Elle surgit lorsqu’un accident est évité de justesse, lorsqu’un danger nous frôle sans nous atteindre.

Imaginez la scène. Vous passez sous un balcon. Quelques minutes plus tard, un pot de fleurs s’écrase exactement à l’endroit où vous vous trouviez. La réaction est immédiate : « Ouf ! On a eu chaud ! »

Aujourd’hui, cette expression prend un tout autre sens.

Les épisodes caniculaires exceptionnels de mai puis de juin 2026 nous ont rappelé une évidence : le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Il est là. Il s’invite dans notre quotidien.

Et soudain, c’est l’effervescence. Les déclarations se succèdent, les responsables politiques rivalisent de promesses, chacun découvre l’urgence comme si elle venait d’apparaître. On a parfois le sentiment d’assister à une course contre la montre… ou à une course à l’échalote.

Pourtant, rien de tout cela n’est une surprise.

Le premier rapport du GIEC date de 1990. Trente-six années d’alertes, de rapports toujours plus précis, toujours plus inquiétants, se sont succédé. Les scientifiques n’ont jamais cessé de prévenir. Nous savions.

Alors pourquoi avons-nous tant attendu ?

Peut-être parce que l’être humain possède cette étrange capacité à croire que le pire arrivera plus tard, ailleurs, aux autres. Nous préférons souvent l’illusion du « tout ira bien » à l’inconfort des décisions difficiles.

En mai 2021 déjà, dans une chronique publiée sur mon site, j’appelais à prendre la mesure de ce qui nous attendait. Non pas parce que j’aurais vu plus clair que d’autres, mais parce que les faits étaient déjà sous nos yeux.

Aujourd’hui, la vraie question n’est plus : « Avions-nous été prévenus ? »

La vraie question est : que faisons-nous maintenant ?

Car si nous continuons à repousser les décisions nécessaires, les épisodes extrêmes deviendront la norme. Nos sociétés devront faire face à des températures toujours plus élevées, auxquelles ni nos infrastructures, ni nos économies, ni même nos organismes ne pourront s’adapter indéfiniment.

Est-ce vraiment l’héritage que nous voulons laisser à nos enfants et à nos petits-enfants ?

Mesdames et Messieurs les responsables politiques, le courage consiste parfois à prendre des décisions impopulaires lorsqu’elles sont indispensables. Le bon sens commande aujourd’hui d’agir avec détermination, d’investir massivement dans la transition écologique et d’entraîner toute la société dans cet effort.

Les scientifiques sont unanimes : la question n’est plus de savoir si les conséquences s’aggraveront, mais à quelle vitesse, selon les choix que nous faisons dès aujourd’hui.

Cette fois, nous avons eu chaud.

La prochaine fois, nous n’aurons peut-être plus cette chance.

Gus Le Guetteur de notre siècle

23 juillet 2026